L’onirisme doux-amer qui se dégage de la musique de Julien Pras puise son inspiration dans une littérature anglophone constellée de songes et de fantaisie. Tandis que ses accords décrivent une nécessaire évasion, sa voix aérienne se réfugie dans un cocon de spleen, exprimant avec générosité son amour pour la folk et les harmonies. Au-delà d'Elliott Smith, son travail se situe à la croisée d'autres grandes figures de la pop mélancolique comme Nick Drake, pour le côté éthéré, boisé et la douceur des arrangements acoustiques, et des artistes de la Sunshine Pop des années 60, comme les Beatles, pour la structure des morceaux et la pertinence des mélodies.
Minor Fall brise un long silence avec une sortie prévue près de 9 ans après son dernier opus. La mélancolie dentelée des accords fait écho à une éloquence maîtrisée, avec plusieurs niveaux d’interprétation. L’écriture se montre délicate tandis que chaque arpège semble façonné avec précision. Julien Pras manie les mots avec autant d’agilité qu’il associe les notes et invite ainsi à une douce introspection. Le chant doublé crée une proximité fragile, envoûtante, et les harmonies vocales ne sont pas sans rappeler les compositions de Paul McCartney, George Harrison ou encore de Brian Wilson (The Beach Boys). Un véritable travail d’orfèvre est opéré sur le songwriting, propulsant les 11 morceaux du disque dans un écrin pop-folk intimiste, sensible et vibrant.


