Enregistré au long cours avec Arthur Satàn, « Saturnine Child » bénéficie d’une production beaucoup moins lo-fi que sur certaines de ses sorties passées, avec une patine quasi college rock. Le songwriting se loge pile entre innocence et désabusement faisant de chacune de ses chansons des petites épopées flamboyantes. L’écriture des paroles, qui se réclame d’une certaine tradition littéraire (Sylvain cite Poe, Brautigan ou Denis Johnson comme inspiration des nouveaux morceaux) est à l’image d’une démarche qui refuse concessions et simplification sans pour autant se draper dans l’indifférence hautaine de l’artiste maudit.
Sam Fleisch produit depuis de nombreuses années une des pop indie les plus riches de l’hexagone, pourtant elle reste secrète d’une manière peu compréhensible. Ce nouveau disque, qui sortira presque une décennie après son prédécesseur, arrive à point nommé pour venger son auteur et emporter nos cœurs.


